|
Vendredi
11 septembre 2009
La peur (1) - une
bien mauvaise conseillère
|
©AKS-Fotolia.com
|
|
Les articles publiés sur le blog HAUTE PERFORMANCE ont montré
toute l’importance que j’accorde, avec d’autres, à la nécessite
d’assainir notre environnement, ou plus exactement nos environnements.
Qu’il s’agisse de notre atmosphère et du climat mais aussi de notre
environnement social, économique et financier, il y a une certaine
urgence à concevoir et adopter des solutions d’assainissement et donc
d’amélioration de nos attitudes, de nos comportements et de nos
pratiques.
|
1. La Haute Performance, en quelques mots
|
Ainsi, dans le domaine du management et du leadership, je suis sensible aux propositions et aux expériences portant sur de nouvelles manières de conduire les organisations. La notion même de Haute Performance qui, de prime abord, pourrait paraitre une ambition prétentieuse et élitiste est une promesse : chacun(e) peut se réaliser dans sa vie professionnelle (et dans toutes les dimensions de sa vie) et atteindre ses propres objectifs en accord avec ses valeurs, ses motivations, ses principes et ses idées.
C’est une vision
:
> humaine : la performance est synonyme de « qualité de vie »
> démocratique : chance est donnée à tous, à tous les âges de la vie
> sociale : la réussite individuelle passe par un échange « gagnant-gagnant » avec les autres
> durable : la réussite est une projection sans cesse renouvelée dans une démarche d’amélioration continue
2. La peur : alarme fatale…
|
L’ignorance et son corollaire la peur sont parmi les obstacles majeurs à une telle évolution. La peur est l'expression de l'instinct de survie.
Emotion positive, elle est déclenchée par la perception d'un risque et mobilise en nous les ressources nécessaires à une réaction adaptée.
Emotion négative, elle nous aveugle, nous submerge et bloque le raisonnement nécessaire à la compréhension, le jugement puis la décision et enfin l'action justes d'une situation.
Ceci est vrai au niveau individuel comme au niveau collectif. Comme le veut l’adage « la peur est mauvaise conseillère ». L’ignorance est son ferment et peut ouvrir la porte des fantasmes et des peurs irraisonnées. Il s’en faut peu qu'elle déclenche un mouvement de panique.
A partir d'un risque réel mais mal connu et à propos duquel les meilleurs experts ne parviennent pas à formuler des certitudes mais des « probabilités », il est possible de faire naître la peur.
Le mode favori de propagation et de renforcement de la peur se fait par l’image et l'imaginaire. Les représentations les plus fantastiques, la mythologie , la religion (l’apocalypse) ont alimenté les peurs. Aujourd’hui, la video est le moyen le plus sûr de sélectionner les représentations qui exciteront les émotions du plus grand nombre. Et ça marche toujours autant.
Saturne dévorant un de ses fils - Francisco GOYA - (1820-1823)
|
 |
La peur est comme un besoin. Sitôt qu’une peur disparait, une autre vient la remplacer.
3. Le principe de précaution en question
|
Le sacro-saint principe de précaution est l’arme des « sauveurs » : ceux-là mêmes qui auront excité la peur et exercé une terreur auront à cœur d’être les sauveurs !
Déprimés par les catastrophes, c’est avec reconnaissance qu’on s’en remettra à eux.
Résumons-nous...
Au départ, d’un risque difficile à évaluer et dont on ne comprend pas tout à fait les tenants et les aboutissants, on déclare l’existence d’une menace dont l’impact sera catastrophique. Une sélection d’images et quelques chiffres (dont on taira la fiabilité exacte) viendront inquiéter le plus grand nombre. Le temps fera son affaire. En répétant les mêmes messages, plus alarmistes à chaque fois, on passera du stade de la peur à celui de la terreur, toujours irraisonnée car mal informée. Enfin, en invoquant le principe de précaution pour décider de toute une série d’actions, on obtiendra une légitimité pour agir sur une population bien convaincue du bien fondé voire bien reconnaissante.
4. Vers une écologie de l’information !
|
Dans la perspective d’une « écologie de l’esprit », en hommage aux travaux remarquables de G. BATESON, il serait souhaitable d’adopter une communication saine c’est-à-dire exempte de généralisations non fondées, de distorsions des messages reçus et de confusion dans la manière dont les idées sont diffusées. Et de manière positive, il conviendrait d’ajouter : une communication qui ait une valeur informative et constructive.
Je ne vais pas ici prendre la « grippe A (virus H1N1) » pour exemple de panique imminente fondée sur des messages contradictoires, des annonces et des mesures « choc ».
Erwan BUREL
HAUTE PERFORMANCE Conseil Formation Accompagnement
www.haute-performance.fr
|